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Les Berbères


Les Berbères ou Imazighen (en berbère : ⵉⵎⴰⵣⵉⵖⵏ ou ⵎⵣⵗⵏ) sont un groupe ethnique autochtone d'Afrique du Nord. Connus dans l'Antiquité sous le nom de Libyens, les Berbères ont porté différents noms durant l'histoire, tels que MazicesMauresNumidesGétulesGaramantes et autres. Ils sont répartis dans une zone s'étendant de l'océan Atlantique à l'oasis de Siwa en égypte, et de la mer Méditerranée au fleuve Niger en Afrique de l'Ouest. Historiquement, ils parlaient des langues berbères, classées dans la branche berbère de la famille afro-asiatique.

Aujourd'hui, la majeure partie des Berbères vit en Afrique du Nord : on les trouve au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, en égypte, mais aussi aux Îles Canaries. De grandes diasporas vivent en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, au Canada et dans d'autres pays d'Europe.

De nos jours, la majorité des Berbères sont musulmans sunnites, mais on retrouve aussi des Berbères ibadites (dans le Djebel Nefoussa et à Zwara en Libye, à Djerba en Tunisie, dans le Mzab et à Ouargla en Algérie), juifs et chrétiens. L'identité berbère est généralement plus large que la langue et l'ethnicité, et englobe toute l'histoire et la géographie de l'Afrique du Nord. Les Berbères ne sont pas une ethnie entièrement homogène, et ils englobent un éventail de sociétés et d'ascendances. Les forces unificatrices du peuple berbère peuvent être une langue commune, une origine commune et une identification collective au patrimoine, à la culture et à l'histoire berbères.

Il y aurait environ 28 à 38 millions de berbérophones en Afrique du Nord,. Le nombre de Berbères ethniques (y compris non-berbérophones) est beaucoup plus élevé, car beaucoup de Berbères ne parlent plus le berbère, mais l'arabe maghrébin. La grande majorité de la population d'Afrique du Nord est d'origine berbère, bien qu'en raison de l'arabisation, la majorité de la population du Maghreb s'identifie comme arabe.

Les Berbères s'appellent eux-mêmes Imazighen (sing. : Amazigh), qui qualifie les hommes libres ou les hommes nobles.

Ce terme serait lié au nom antique des Mazicesethnonyme relevé par les auteurs de langue latine, et sa variante Maxyes, terme relevé par Hérodote.

Sommaire


Liminaire



Le plus connu des royaumes berbères est la Numidie. De nombreux rois berbères ont régné dans différentes régions d'Afrique du Nord, tels que GaïaSyphaxMassinissaJuba Ier et Juba II, mais aussi des reines, telles que DihyaSophonisbe ou encore Tin Hinan. On peut aussi parler des grandes confédérations connues de Libye antique, telles celles des Libous, ou des Mâchaouach, et les XXIIe et XXIIIe dynasties égyptiennes qui en sont issues. Il y eut aussi des expansions berbères à travers le sud du Sahara, la plus récente étant celle des Touaregs et la plus ancienne celle des Capsiens.

Plus réduites, les zones berbérophones actuelles sont inégalement réparties, majoritairement au Maroc et en Algérie ainsi que dans une moindre mesure en Libye, en Tunisie et en égypte. Les langues berbères forment une branche de la famille des langues afro-asiatiques. Autrefois, leur alphabet servait à écrire le libyque, dont l'alphabet, appelé « tifinagh » a continué à être utilisé par les Touaregs et fait preuve aujourd'hui d'un regain d'intérêt auprès des berbérophones.

Les Berbères constituent donc une mosaïque de peuples de l'égypte au Maroc, se caractérisant par des relations linguistiques, culturelles et ethniques. On distingue plusieurs formes de langues berbères : ChleuhChaouiRifainKabyleChenouiMozabiteNafusiTouareg… sont les plus importantes variétés de la langue berbère. À travers l'histoire, les Berbères et leurs langues ont connu des influences puniquesromainesarabesturques ou encore françaises, ce qui fait que de nos jours, sont appelées officiellement « berbères », les ethnies d'Afrique du Nord parlant, se considérant et se réclamant berbères.

Cependant le terme berbère est un exonyme qui n'est pas forcément reconnu par certains Berbères qui lui préfèrent le terme (autoethnonymeAmazigh (pl. Imazighen).

Selon Charles-Robert Ageron, « dans l'usage courant, qui continue la tradition arabe, on appelle Berbères l'ensemble des populations du Maghreb ».

étymologie

Le nom « berbère » dérive d'un terme de l'égyptien ancien qui signifie « étranger » ou des variations de celui-ci. L'exonyme a été adopté plus tard par les Grecs, avec une connotation similaire.

Parmi ses attestations écrites les plus anciennes, Berbère apparaît en tant que ethnonyme dans Le Périple de la mer érythrée, au ier siècle.

En dépit de ces premiers manuscrits, certains historiens modernes ont soutenu que le terme n'est apparu que vers 900 dans les écrits des généalogistes arabes, Maurice Lenoir postant une date d'apparition au viiie ou au ixe siècle31.

Les Berbères sont les Mauri cités dans la Chronique de 754 lors de la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, pour devenir depuis le xie siècle, le terme Moros (en espagnol, et Maures en français) sur les chartes et les chroniques des royaumes ibériques chrétiens en expansion pour se référer aux Andalous, Nord-Africains, et les musulmans en général.

Pour l'historien Abraham Isaac Laredo le nom Amazigh pourrait être dérivé du nom de l'ancêtre Mezeg qui est la traduction de l'ancêtre biblique Dedan, fils de Shéba dans le targoum. Selon Léon l'Africain, Amazigh signifiait « homme libre », bien que cela soit contesté, parce qu'il n'y a pas de racine de M-Z-Gh qui signifie « libre » dans les langues berbères modernes. De plus, « Am- » est un préfixe signifiant « un homme, celui qui est [...] ». Par conséquent, la racine requise pour vérifier cet endonyme serait (a)zigh, « libre », ce qui manque cependant aussi dans le lexique berbère, mais peut être lié à aze « fort », Tizzit « bravoure », ou jeghegh « être brave, être courageux ».

En outre, ce terme a aussi une connotation avec le mot touareg Amajegh, qui signifie « noble »34,35. Le terme Amazigh est commun au Maroc, en particulier chez les locuteurs du rifain et du shilah de l'Atlas central, en 1980, mais ailleurs dans la patrie berbère, un terme local plus particulier, comme Kabyle ou Chaoui, est plus souvent utilisé en Algérie.

Selon l'historien Ibn Khaldoun, le nom Mazîgh est dérivé de l'un des premiers ancêtres des Berbères, basé sur une opinion.

Les égyptiens, les Grecs, les Romains et les Byzantins ont mentionné diverses tribus avec des noms similaires vivant en Libye antique, dans les zones où les Berbères ont été plus tard identifiés. Les noms de tribus ou confédérations postérieurs diffèrent des sources classiques, mais sont probablement encore liés au berbère moderne. Parmi eux, la confédération des Mâchaouach représente l'une des premières identifiées. Pour les historiens, il s'agirait du même peuple que celui appelé quelques siècles plus tard en grec Mazyes par Hécatée de Milet, et Maxyes par Hérodote, alors qu'il a été appelée Mazaces et Mazax dans les sources latines, et serait lié aux derniers Massyles et Massæsyles. Tous ces noms sont similaires et sont peut-être des représentations étrangères du nom utilisé par les Berbères pour s'appeler eux-mêmes, en général, Imazighen.



Origines


La majorité des haplogroupes masculins des  Berbères sont E1b1b (12% à 100%) d'origine atérienne[réf. nécessaire] et ibéromaurusienne39,40, et J (0% à 31%) d'origine majoritairement arabe et carthaginoise41. L'haplogroupe R1b (M269), présent surtout en Europe de l'Ouest arrive ensuite avec des fréquences entre 0 et 15 % selon les régions. Un sous-groupe particulier de l'haplogroupe E1b1b, l'haplogroupe E1b1b1b caractérisé par le marqueur M81, est très fréquent chez les Berbères et voit sa fréquence décroître d'ouest en est42.

Les études anthropologiques et génétiques ont révélé la complexité du peuplement de l'Afrique du Nord.

mausolée rois numides
Le Medracen, à  Batna, est un mausolée numide, l'un des plus anciens monuments de l'actuelle  Algérie  (300 av. J.-C.)

La question du type humain auquel se rattachaient les Berbères ou tout au moins leur composant principal a été l'objet d'un débat récurrent, pour les uns, une évolution se ferait par gracilisation avec une gracilisation générale du squelette, un changement dans les proportions du crâne, qui de l'hyperdolicocéphalie  des débuts de l'Ibéromaurusien  va devenir brachycéphale; elle s'observe dans le Columnatien, où Marie-Claude Chamla a identifié des Mechta-Afalou gracilisés, pour d'autres, il y aurait une impossibilité anatomique de passer du type Mechta-Afalou au type Protoméditérannéen, la transition anatomique de l'Afrique du Nord résulterait donc d'une migration.

Recherches pré-modernes

Selon les récits de l'Antiquité, notamment Hérodote (v. 484  av. J.-C. — 425 av. J.-C.) dans son écrit  L'Enquête  (en grec ancien: Ἱστορίαι / Historíai), relatant les informations collectées pendant ses voyages en Afrique du Nord, les Libyens (terme générique pour les Berbères) se disaient descendre des Troyens. Il les plaçait dans la partie septentrionale de l'Afrique, dans les montagnes de l'Atlas (Enquête, IV, 184-185)46. Par ailleurs, toujours selon Hérodote, le terme de « Maxies » était utilisé par les Berbères pour se dénommer. Hérodote compte parmi eux les « Atlantes »47.

Salluste  n'hésite pas à remonter les siècles pour rechercher les origines des Berbères ; il va même jusqu'à interroger les ouvrages en langue punique en possession du roi Hiempsal II  ou les écrits mêmes de ce souverain numide.

Diodore de Sicile  aussi a consacréplusieurs paragraphes de son Livre Trois (LIV-LV) à un peuple d'«  Atlantes » qu'il situe « à l''extrémité de l'Afrique » et qu'il présente comme « arrivé à un assez haut degré de puissance et de civilisation ». Il place leur histoire aux temps légendaires de la mythologie et y voit l'origine de nombreux dieux ; par ailleurs ces « Atlantes » doivent faire face à leurs « voisins » les « Gorgones » et sont vaincus par les « Amazones »49.

Au Moyen Âge, les thèses s'appuient sur des récits bibliques et sur des références historiques comme Ibn Khaldoun : elles donnent alors à ce peuple une origine  chamitique.

Aux xixe et  xxe  siècles, plusieurs auteurs lui attribuèrent une origine  européenne  et nordique.



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Les migrations humaines suivant l'ADNmt



Le chromosome Y  est transmis de père en fils, l'étude des polymorphismes présents permet de suivre la lignée patrilinéaire – directe – d'une  famille, d'une ethnie  ou d'une espèce.



Distribution of haplogroup E (YDNA) and migration routes.png



La majorité des haplogroupes masculins des Berbères sont E1b1b (12 % à 100 %) d'origine  atérienne [réf. nécessaire] et  ibéromaurusienne 39, , et J (0 % à 31 %) d'origine majoritairement arabe et carthaginoise. L'haplogroupe R1b  (M269), présent surtout en Europe de l'Ouest arrive ensuite avec des fréquences entre 0 et 15 % selon les régions. Un sous-groupe particulier de l'haplogroupe E1b1b, l'haplogroupe E1b1b1b caractérisé par le marqueur M81, est très fréquent chez les Berbères et voit sa fréquence décroître d'ouest en est42.

L'ADN mitochondrial étant exclusivement transmis par les femmes à leurs enfants, son étude génétique permet de suivre la lignée matrilinéaire – directe – d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce. La majorité des Berbères ont un ADN mitochondrial d'origine ouest-eurasienne63. La lignée maternelle directe des Berbères la plus ancienne date du paléolithique (30 000 ans avant notre ère) représentée par l'haplogroupe U6 (d'origine ouest-eurasienne)64. Cet haplogroupe est spécifique aux Berbères et sa fréquence s'accroît quand on va à l'ouest. Selon une étude génétique réalisée en 2010, les populations d'Afrique du Nord descendent en partie, du côté maternel, de migrants de la péninsule ibérique arrivés il y a environ 8 000–9 000 ans65.

L'ADN autosomal permet de déterminer l'affinité génétique de certaines populations humaines par rapport à d'autres. À l'exception des Touaregs, la majorité des Berbères sont génétiquement plus proches des Européens et des Moyen-Orientaux que des autres populations humaines – les Touaregs se situant dans une position intermédiaire entre les populations subsahariennes et le reste des Berbères66,67.

D'après une étude de Adams et al., réalisée en 2008, sur un échantillon de 1 140 individus de sexe masculin originaires de la péninsule ibérique, et des îles Baléares, ces populations ont une proportion moyennement élevée d'ascendance provenant d'ancêtres maghrébins (10,6 %), et  juifs séfarades (19,8 %)68.

Une nouvelle étude parue en 2012 utilisant 730 000  polymorphisme nucléotidique de l'ADN autosomal montre une différence entre les populations nord-africaines, proche-orientales et sub-sahariennes69. Les populations nord-africaines possèdent ainsi un haplotype distinctif dont l'apparition a été estimée entre 18 000 et 38 000 ans lors d'une divergence puis d'une isolation, et sont complètement distinctes des Africains subsahariens, basé sur des attributs culturels, linguistiques et phénotypiques70. La présence d'ADN européen chez les Nord-Africains tels que les Marocains ou les Algériens varie, atteignant au maximum 25 % et est semblable aux populations méditerranéenne d'Europe du Sud comme les Basques et les Toscans utilisés dans cette étude.

Les particularités géographiques de l'Afrique du Nord expliquent les différences génétiques entre les populations berbères. Ainsi, les Berbères du Maghreb sont génétiquement différenciés selon leurs origines ethniques (c'est-à-dire le Maroc, l'Algérie, la Tunisie) indiquant un isolement prolongé entre eux. La composante européenne présente chez les Berbères, du moins chez ceux installés dans le nord-ouest de l'Afrique, est généralement plus élevée que celle venant du Proche-Orient, ce qui signifie des contacts plus intenses avec l'ouest qu'avec l'est de la Méditerranée. Inversement, le poids de la composante maghrébine est relativement faible en Libye et en égypte, où des taux élevés d'ascendance venant du Proche-Orient sont observés. Cette découverte intéressante confirme le rôle crucial du désert libyen en tant que barrière physique à la mobilité humaine, le vaste territoire désertique entre Tripoli et Benghazi étant à peine peuplé depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. La présence d'une ascendance proche-orientale, qui suit une distribution opposée avec un gradient vers l'Est, a été liée à l'expansion arabe71.


Anthropologie



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Mechta el Arbi a été trouvé près de  Constantine

Mechta-Afalou ou Proto-Berbère

L'Afrique du Nord, durant le paléolithique ainsi que mésolithique, était habitée par des populations du type de Mechta-Afalou ou Proto-Berbère72 caractérisées par une robustesse générale, forte épaisseur des parois crâniennes, grandes dimensions du crâne et de l'ensemble du squelette, tendance à la mésocéphalie, face large et courte munie d'arcades sus-orbitaires saillantes réunies en un bourrelet médian, orbites basses et rectangulaires, mandibule vaste, au corps très divergent avec projection latérale des gonions, menton accusé, denture assez volumineuse et atteinte de lésions pathologiques nombreuses. La stature de ces hommes était élevée (1,77 m), leurs épaules larges, leur squelette très robuste. La comparaison des hommes et des femmes de ces gisements montre qu'il existait un dimorphisme sexuel prononcé, particularité fréquente chez les populations préhistoriques et notamment au Mésolithique73.

Mechtoïde

Les hommes de Mechta-Afalou datant du Caspien, trouvés dans la nécropole de Columnata, montrent des signes de gracilisation et de brachycéphalisation par rapport aux hommes plus anciens d'Afalou et de Taforalt, et sont qualifiés du terme de « mechtoïdes ». Ils présentent une moindre robustesse générale, des dimensions du crâne et des os longs moins grandes (stature, 1,72 m), une tendance à la méso-brachycéphalie, des reliefs osseux moins développés, une denture moins volumineuse, toutes caractéristiques qui dénotent une gracilisation par rapport aux restes ibéromausuriens plus anciens. L'usure des dents était chez eux moins précoce et moins intense, la carie était en augmentation notable, indiquant des modifications probables dans le régime alimentaire et une moindre résistance aux facteurs cariogènes que leurs prédécesseurs73.

Protoméditérannéen

Ce dernier est divisé en deux variantes, une variante comprenant des sujets dolicho- à mésocrânes, à face longue et à voûte élevée, aux orbites méso- à hypsiconques, au nez méso- à leptorhinien, orthognathes ou modérément prognathes. Une autre variante groupant des sujets dolichocrânes, à voûte basse, à la face de hauteur moyenne, aux orbites mésoconques, au nez mésorhinien, éventuellement prognathes. Chez les deux types la stature était élevée chez les hommes (1,76 m), sensiblement plus petite chez les femmes (1,63 m) qui présentaient en outre une certaine gracilité comparativement aux hommes nettement plus robustes.

Linguistique


Article détaillé :  Langues berbères.

Les langues berbères, selon les experts européens, appartiennent à la famille des langues afrasiennes (langues sémitiquesamhariquecoptelangues tchadiques…) qui remonte à 10 000 ans selon certains et 17 000 ans selon d'autres.

L'origine des langues afrasiennes est très controversée  certains linguistes pensent qu'elles viennent d'Afrique orientale , du Sahara , du Levant79 ou de l'Afrique du nord80.

écits de l'Antiquité et du Moyen âge


Selon Salluste

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Un Libyen ancien  peint sur la tombe de Sé thi Ier

Salluste  consacra les chapitres XVII et XIX de son ouvrage Bellum Iugurthinum à une digression sur le pays de l'Afrique du Nord et ses habitants, d'après les traditions numides et les livres puniques du roi  Hiempsal II. Après une description du pays – limites, climat, faune et flore –, l'historien présente les Gétules et les Libyens comme les premiers habitants de l'Afrique. Le demi-dieu  Hercule  mourut en  Espagne selon la «  croyance africaine », et son armée composée de divers peuples se démantela. Les Mèdes, les  Perses, les  Arméniens  de son armée passèrent par bateau en Afrique et s'établirent sur la côte .

Les Perses s'établirent à l'ouest, « plus près de l'Océan », habitant dans les coques renversées de leurs bateaux, faute de matériel de construction. Ils s'allièrent par mariage avec les Gétules. Conduits à se déplacer sans cesse, ils se donnèrent le nom de « Nomades » (Numides)82. Salluste tient pour preuve de ce récit les habitations des paysans numides, rappelant celles des coques renversées de l'armée d'Hercule.

Les Mèdes  et les Arméniens  s'unirent aux Libyens. Ils « bâtirent des places fortes » et « pratiquaient des échanges commerciaux avec l'Espagne ». Altérant le nom des Mèdes, les Libyens indigènes se seraient mis à les appeler Maures. Par la suite, les Perses et les Gétules grandirent en puissance et s'installèrent à l'ouest de Carthage sous le nom de Numides. Enfin, ils annexèrent la Libye. La presque totalité du nord de l'Afrique fut annexée par les Numides, « les vaincus se fondirent avec les vainqueurs, qui leur donnèrent leur nom de Numides ».

Selon Hérodote

Hérodote (484 av. J.-C.-425 av. J.-C.) dit que les Maxyes — un peuple Berbère — prétendent descendre des Troyens83. Il est a noter que d'après la tradition grecque, les Maxyes ne sont pas les seuls habitants de la Libye antique qui seraient venus du bassin égéen au temps de la guerre de Troie84.

Selon Ibn Khaldoun


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Statue d'Ibn Khaldoun à Tunis ; il a consacré sa vie à l'étude de l'histoire des Berbères.

Ibn Khaldoun  (1332-1406) fait remonter l'origine des Berbères à Mazigh fils de Canaan. D'après lui, ils descendent de  Canaan, fils de Cham. Faisant une étude comparative des différents généalogistes arabes et berbères existant bien avant lui, il en tire sa propre analyse sur l'origine des Berbères. Dans son livre sur l'Histoire des Berbères, il cite presque tous les travaux déjà faits sur la généalogie ancienne85. Il désigne deux grandes familles : Madghis et Barnis85,86.

À propos de ces traditions,  Yves Modéran  a fait observer :

« Issue d'un genre littéraire spécifique, le récit mythique et généalogique, l'évocation d'un ancien mouvement des Berbères de l'est vers l'ouest, explicitement rapportée à l'ensemble de ce peuple, et non à telle ou telle tribu connue à l'époque byzantine, est toujours repoussée par les auteurs arabes dans des temps extrêmement éloignés, définis par une chronologie biblique (ou coranique, si l'on préfère). Et elle s'avère surtout, dans presque tous les cas connus, reprise de traditions juives ou chrétiennes bien antérieures au Bas-Empire romain, avec seulement des corrections destinées à actualiser le mythe et à le rendre ainsi fonctionnel, capable de fournir des explications aux hommes du Moyen Âge sur la situation des Berbères de leur propre époque »

xixe-xxe siè cle

Le premier auteur à avoir évoqué l'origine nordique des Berbères est  Thomas Shaw  dans son ouvrage Travels or Observations Relating to Several Parts of Barbary and the Levant  publié en 1738. Selon lui, les Berbères blonds descendent des  Vandales  de Gélimer, retirés dans les montagnes après qu'ils eurent été défaits par  Bélisaire. Un siècle plus tard, un autre texte fondateur de l'origine nordique des Berbères est l'article de Laurent-Charles Féraud intitulé Monuments dits celtiques dans la province de Constantine et publié en 1863 où il suggère que les Berbères blonds descendent des Gaulois mercenaires de Rome, à cause de la présence des dolmens en Algérie. Par la suite, le docteur Lucien Bertholon, qui consacre sa vie à l'anthropologie berbère, même s'il n'en continue pas moins à affirmer l'origine nordique des Berbères, en fait les descendants des peuples égéens88.

Contrairement à ces auteurs, l'anthropologue italien Giuseppe Sergi ne pense pas que les Berbères proviennent du nord, mais au contraire, que les Nordiques proviennent du sud. Pour Sergi, il existe une race méditerranéenne, originaire d'Afrique, dont était issue la race nordique; cette race méditerranéenne étant elle-même issue des Chamites, qui occupaient le Nord de l'Afrique89.

Les théories de l'origine nordique des Berbères sont reprises, dans la première moitié du xxe siècle, par certains auteurs allemands. Ainsi Hans Günther90, raciologue du Troisième Reich, ou encore Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme, considèrent les Berbères comme descendants des peuples aryens atlanto-nordiques91.

Pour Henri Vallois écrivant en 1944, il est également certain que les « Berbères blonds » appartiennent à la race nordique92.

Dans un ouvrage de 1882 consacré à la forme des crânes humains,  Armand de Quatrefages  et Ernest Hamy  assimilent l'homme de Cro-Magnon aux  Basques, aux  ChaouisKabyles et aux  Guanches .

Groupes ethniques


Les Berbères sont dispersés en plusieurs groupes ethniques en  Afrique du Nord.

Lenguas bereberes.png

Répartition des populations berbèrophones en Afrique du Nord.

         Rifains          Chenouis
         Zayanes          Kabyles
         Chleuhs          Chaouis
         Zenagas          Infusen
         Touareg          Berbères des Oasis

Principaux groupes ethniques berbèrophones

En Libye, les berbérophones constituent à peu près 10 % de la population presque tous concentrés à l'ouest (excepté ceux d'Aoudjila et de Djaraboud)98.


Principaux groupes ethniques « non-berbèrophones » d'origine berbère


Principaux groupes ethniques — totalement ou en grande majorité — « non-berbérophones » mais historiquement berbères ou d'origine berbère. Ils sont parfois appelés Berbères arabisés. On peut citer :

note : Les études de la génétique matérialiste ainsi que les études historiques et sociolinguistiques confirment l'origine berbère de la majorité des  Nord-Africains  arabophones. L'arabisation  de ces populations s'est prolongée de la conquête islamique au  viie siècle jusqu'au xxe  siècle.
Les parlers arabes maghrébins demeurent fortement [réf. nécessaire] influencés par la langue berbère.

 

Berbères au pluriel


Plusieurs nations sont venues partager le mode de vie des Berbères. Selon  Salluste, les Maures faisaient partie de l'armée d'Hercule  venus d'Espagne  composé de Perses, d'Arméniens, et de Mèdes . Ils se sont mêlés aux populations autochtones  Gétules du  Maghreb  actuel. Ils se sont installés dans les montagnes du  Maroc  et aux Aurès  en Algérie  et en Libye. Il s'ensuit plusieurs ethnies qui se sont fondues dans les  tribus  berbères comme les  Phéniciens, les Vandales, les Juifs, les Byzantins, les Romains, les Arabes, les peuples d'Afrique, les Européens, les Turcsetc..

Histoire


Article détaillé : Histoire des Berbères.

La région du Maghreb, aurait été habitée par des Berbères depuis au moins 23000 av. J.-C. Des peintures rupestres locales, datées de douze millénaires, ont été découvertes dans la région du Tassili n'Ajjer, dans le sud de l'Algérie. D'autres d'art rupestre ont été observées à Tadrart Acacus dans le désert libyen. Une société néolithique, marquée par la domestication et l'agriculture vivrière, s'est développée dans la région saharienne et méditerranéenne (le Maghreb) de l'Afrique du Nord entre 6000 et 2000 av. J.-C. Ce type de vie, richement représenté dans les peintures rupestres du Tassili n'Ajjer du sud-est algérien, a prédominé au Maghreb jusqu'à la période classique. Des scripts préhistoriques en tifinagh ont également été trouvés dans la région d'Oran. Au cours de l'ère pré-romaine, plusieurs Etats indépendants successifs (Massyles et Massæsyles) existaient avant que le roi Massinissa unifie le peuple de Numidie.

Préhistoire


Articles détaillés : XXIIe dynastie égyptienne et  XXIIIe dynastie égyptienne.
Ibéromaurusienne-capsienne
Localisation du noyau à l'origine de la  culture capsienne.
kab20
Relief au nom de Sheshonq Ier et de son fils, le  grand prêtre d'AmonIoupout -  XXIIe dynastie égyptienne -  Karnaktemple d'Amon-Rê.

La préhistoire se définissant comme les époques précédant l'invention ou l'usage de l'écriture, de la production de documents écrits transmettant la mémoire aux générations à venir, la préhistoire des peuples berbères à l'ouest de la vallée du Nil se recoupe avec une grande partie de l'histoire de l'égypte ancienne. Dans les textes égyptiens, ces peuples, libyens, apparaissent sous les noms de Libou, Tehenou, Temehou, Mâchaouach.

Un chef mâchaouach monta sur le trône d'égypte sous le nom de Sheshonq Ier, fondant la XXIIe dynastie égyptienne. De ce côté, il est donc possible de dire que les Berbères entrent dans l'histoire. Selon l'historien Bernard Lugan, « la génétique montre que l'ancienne égypte était en partie, et même largement berbère ».

Antiquité


Articles détaillés : Libye antique et Civilisation carthaginoise.
CarthageMapFr
Extension du territoire carthaginois avant la première guerre punique vers 264 av. J.-C.

Les Libyens (Berbères), formés de plusieurs confédérations telles que les Gétules, les Garamantes, les Atlantes, etc., dispersés dans le vaste territoire de la Libye antique (Maghreb actuel) depuis les temps anciens, vont connaître des relations culturelles et politiques avec l'égypte ancienne, les Phéniciens (de ces échanges naîtra la grande civilisation carthaginoise), la Grèce antique, l'Empire romain, etc. Le monument Madracen, datant de 300 av. J.-C., appartiendrait donc à la grande archéologie méditerranéenne de l'époque hellénistique manifestant un goût archaïsant, mais aussi une très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne. Mais le monument pose un gigantesque problème qui demeure non résolu.

Durant la période de prédominance des Phéniciens en Méditerranée, plusieurs villes portuaires sont érigées dont Carthage.

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Buste du roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.).

La première guerre punique se déclenche par la suite. Massinissa forme le premier état dont le nom est la Numidie. Plusieurs guerres puniques se déclenchent en Afrique du Nord pendant l'Antiquité. Durant l'ère pré-romaine, plusieurs états indépendants se succédèrent (MassæsylesMassylesMaurétanie, etc.). Plusieurs provinces connues sous les noms : la province d'Afrique correspondant au territoire naturel de Carthage et la côte ouest de la Libye (l'Africa Vetus et de l'Africa Nova, sera divisée par Dioclétien en trois : la Tripolitaine, la Byzacène et l'Afrique proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.), la Numidie, la Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l'Antiquité. Il s'étendait sur le nord-ouest et centre de l'actuelle Algérie, et une partie du nord marocain actuel.

Le roi Massinissa  unifie la  Numidie. Il fonde la capitale Cirta. Au cours de la deuxième guerre punique, les Massaesyles, commandés par Syphax, sont alliés à Carthage, tandis que les Massyles, commandés par  Massinissa, s'allient à  Rome, après avoir été spoliés par Syphax. À la fin de la guerre, les Romains attribuent tout le territoire numide à Massinissa. Son nouveau territoire entoure désormais celui de Carthage, sauf du côté de la mer.

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L'empire romain au iiie siècle.

En 148 av. J.-C., à la mort de Massinissa,  Scipion émilien partage la Numidie entre les trois fils du roi. De même,  Rome oblige  Micipsa, dernier fils de Massinissa, à partager sa part entre ses deux fils et le fils naturel de son frère,  Jugurtha. Ce dernier, voulant restaurer l'unité du royaume, fait assassiner ses cousins, et, en 113  av. J.-C., se rebelle contre Rome à qui il va infliger de sévères défaites au cours d'une guerre longue et difficile qui durera de 111  av. J.-C. à 105  av. J.-C.. Incapables de remporter une victoire militaire, les Romains usent de traîtrise pour le capturer. En 105  av. J.-C., à la faveur d'un guet-apens, Jugurtha est livré par Bocchus, son beau-père et jusque-là son allié, à  Sylla qui avait soudoyé l'entourage de ce dernier. La Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à  Bocchus, roi de  Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

En 42 de notre ère, les  Romains  parviennent à devenir maîtres de la totalité du Maghreb. Sous l'instigation de ces derniers, le territoire est divisé en provinces. Par la suite, les  Vandales et les  Byzantins envahiront une partie du Maghreb actuel.

La Numidie

Articles détaillés :  Numidie et  Maurétanie.
Numidia_220_BC-fr
Carte représentant le royaume de  Syphax  (Massæsyles) et Gaïa  (Massyles) en  220 av. J.-C., avant leur unification par  Massinissa.
Mauretania_et_Numidia
Maurétanie tingitane (à l'ouest), Maurétanie césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), Africa (à l'est) et la Gétulie, provinces romaines au ier siècle de notre ère.

Au iiie siècle  av. J.-C., l'Afrique du Nord était divisée en trois royaumes berbères : celui des  Maures  avec le royaume de  Maurétanie  qui s'étend de l'Atlantique au fleuve  Moulouya, au centre celui des  Massæsyles, entre le Mulucha et la rivière Amsaga, sur lequel règne le roi  Syphax  et enfin, à l'est près de Carthage, le royaume des  Massyles, entre la rivière Ampsaga (Oued-el-Kebir) et les territoires de Carthage.

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Carte du royaume de Numidie à son extension maximale, vers 150 av. J.-C.

Les Masaesyles et les Massyles s'affrontèrent, en 203  av. J.-C. à la fin de la  deuxième guerre punique, à la suite de laquelle  Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon décisive à la victoire de l'Empire romain sur Carthage,  Massinissa  parvint dès lors à unifier la Numidie qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'est. Il réussit sous sa conduite à préserver l'indépendance de son royaume en jouant habilement de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grâce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage. Sur le plan de l'organisation politique, Massinissa plaça à la tête de chaque province un gouverneur et à la tête de chaque tribu un «  Amokrane » (le chef). Son conseil, formé de dix personnes, le seconda efficacement dans sa politique et son administration générale. Au nombre de ces dix conseillers, il avait trois de ses fils :  Micipsa qui le suppléait en plusieurs affaires, Gulussa, chargé de la conduite des armées et Mastanabal chargé du trésor royal. Il mit en circulation une monnaie frappée à son effigie, « avec des traits réguliers, un œil largement ouvert sous un sourcil assez épais, des cheveux abondants et bouclés, une barbe allongée et bien taillée ». Le règne de Massinissa prit fin lorsqu'il mourut en 148  av. J.-C.

Le Mausolée royal de Maurétanie
Face est du mausolée royal de Maurétanie, surnommé tombeau de la chrétienne, construit probablement entre  Bocchus  Ier et  Juba II,  100 av. J.-C. et 25  av. J.-C.  (Tipaza en  Algérie)
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Site de Sauma, tombeau de Massinissa  à  Constantine  en Algérie,  148 av. J.-C.

Ainsi après la mort du grand roi fondateur, une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome se produisit et plongea la Numidie dans des troubles politiques. Micipsa, fils de Massinissa succédera au trône de son père. Durant son règne, il fit envoyer le très populaire  Jugurtha, petit-fils de Massinissa, comme représentant en Ibérie pour l'éloigner du pouvoir. Micipsa nomme Gulussa vice-roi et ministre de la Guerre et Mastanabal vice-roi et ministre de la Justice. Après le bref règne de  Micipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal finissent par détruire tout le travail d'unification de Massinissa en divisant la Numidie de nouveau en Numidie orientale et occidentale. La crise politique encore larvée à ce stade entre Rome et la Numidie, finit par se déclarer officiellement lorsque Jugurtha, le très populaire petit-fils de Massinissa revint en Numidie et se saisit du pouvoir par la force en 118  av. J.-C., en s'attaquant aux petits-fils de Massinissa (tuant Hiempsal et expulsant Adherbal qui s'enfuit à Rome) pour réunifier la Numidie et la remettre sur le chemin de la stabilité et du développement.

Guerre de Jugurtha

Article connexe :  Guerre de Jugurtha.
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Monnaie à l'effigie de  Jugurtha.

Rome  qui ne voit pas d'un bon œil cette réunification, se met alors à créer des problèmes politiques à Jugurtha, en lui demandant de s'expliquer sur sa prise de pouvoir violente et l'expulsion d' Adherbal  qui se réfugia chez eux. Jugurtha aurait répliqué dans son entourage qu'il est une chose qu'il avait apprise des Romains lors de son séjour en Ibérie : « Roma est urbs venalia » (trad. «  Rome est une ville à acheter »), faisant ainsi référence à l'étendue de la corruption chez les officiels romains. C'est ainsi que Jugurtha se résout à acheter un répit en offrant de l'argent à des membres de la classe politique romaine pour les corrompre. Rome accepte alors de le laisser régner, mais seulement à condition que la Numidie reste divisée. Elle lui offre la reconnaissance diplomatique sur la Numidie occidentale, à condition de remettre Adherbal sur le trône en Numidie orientale. Jugurtha accepta dans un premier temps l'offre de Rome. Cependant, son intention de restaurer la Numidie unifiée demeura forte, ce qui le conduisit incessamment à envahir en 112  av. J.-C.  la Numidie orientale, réunifiant ainsi de nouveau la Numidie. Au passage il fit exécuter plusieurs hommes d'affaires romains opérant en Numidie orientale. Le gouvernement romain, furieux d'un tel développement, est sur le point de lui déclarer la guerre, lorsque Jugurtha réussit une nouvelle fois avec grande habileté à corrompre les responsables en place à Rome. Cela a pour conséquence d'atténuer l'animosité qui s'était emparée de la classe politique romaine à son encontre, et même de lui procurer un traité de paix avantageux.

Toutefois, ce traité sera aussitôt remis en cause, après les profonds changements que connut la classe dirigeante romaine ; excédé, Jugurtha fit exécuter Adherbal en réponse à cet acte. La classe politique romaine se déchaîne alors et finit par demander l'invasion de la Numidie. Rome envoie alors le consul Metellus en Numidie à la tête de plusieurs légions pour punir Jugurtha et le déposer. Jugurtha parvint avec intelligence à résister durant des années, en combinant des manœuvres militaires face aux Romains et politiques avec son voisin de l'ouest, le roi  Bocchus  Ier de  Maurétanie. L'adjoint du consul  MetellusGaius Marius, entrevoyant une opportunité, retourne à Rome pour se plaindre de l'inefficacité suspecte de son chef et demande à être élu consul à sa place, ce qu'il obtint. C'est alors que  Gaius Marius envoie son questeur, Lucius Cornelius Sulla, en mission en Maurétanie pour négocier l'aide de Bocchus IerBocchus accepte alors de trahir Jugurtha, et aide les Romains à le capturer dans un guet-apens. Jugurtha est alors envoyé à la fameuse prison de Tullianum. Il fut exécuté tout de suite suivant la tradition du triomphe romain en  104 av. J.-C. à la prison de Tullianum. Dès lors, la Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

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Statue du roi berbère  Juba II  - Maison dite du Roi - 25-23 av. J.-C. -  Vollubilis  (Maroc).
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Amphithéâtre d'El Jem comme apothéose de la  culture romaine  en Tunisie.

La situation perdure jusqu'à la  guerre civile entre  Jules César et  PompéeJuba  Ier, partisan de  Pompée, perd son royaume en 46 av. J.-C.  après la défaite de Thapsus  contre César. César accorde à  Sittius  un vaste territoire autour de  Cirta  (Constantine). La Numidie devient alors la province d'Africa nova, jusqu'à ce qu' Auguste réunisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique proconsulaire. Cette dernière est dirigée par un  proconsul, qui conduisit un moment l'armée d'Afrique.

Auguste rend son royaume à Juba II, fils du précédent, après la  bataille d'Actium  (31 av. J.-C.). En 25  av. J.-C., Juba II reçoit le trône de  Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Maurétanie et la province d'Afrique. La partie intégrée à la province d'Afrique en constitue une région et, en théorie, n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dépend du proconsul assisté de  légats.

Par la suite, les Romains pénètrent dans le Maghreb actuel vers le début de notre ère. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces :

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Ruines romaines de Timgad  (actuelle  Wilaya de BatnaAlgérie), et vue sur l' Arc de Trajan.

Lambèse  fut la première capitale romaine, par la suite  Timgad  va être construite au temps de  Trajan. L'agriculture se développe grâce à la plantation de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en Algérie. La civilisation berbère est à son apogée, plusieurs grandes villes sont construites au nord et au sud dans le désert. La nationalité romaine est offerte aux Berbères, cela facilite l'intégration de certains nomades au monde romain . Plusieurs mariages mixtes entre Romains et Berbères naturalisés sont célébrés dans les grandes villes. La pratique des cultes berbères est représentée dans les fresques romaines. De même, les jeux romains  sont source de distraction et de joie pour la plupart des Berbères. De plus, les bains publics étaient un luxe ouvert à tout le monde. À Timgad, région chaouie, il y avait vingt-sept bains. Il n'y avait pas de remparts autour des villes pour faciliter les relations entre les Berbères et les Romains. Les arts sont développés par les artisans berbères (la céramique, la poterie, etc.). Plusieurs amphithéâtres sont construits. Le théâtre de Timgad pouvait contenir 4 000 personnes de l'Aurès. La population globale de l'Aurès était estimée entre huit et dix-mille habitants, pendant les premières années de l'Empire romain en Afrique du Nord.

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Mausolée libyco-punique de Dougga, en Tunisie.

Les populations se rebellent de nombreuses fois surtout les  Zénètes, vers le début du ier siècle. Les  Maghraouas  auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger) et   Ptolémée de Maurétanie  devait les contenir.Ptolémée de Maurétanie fera transférer une partie des Maghraoua vers le  chlef . Cela provoque une succession d'actions militaires de Rome, soldées parfois par de graves défaites romaines.

Les alentours de Tlemcen  auraient été composés des royaumes gétules dans l'antiquité. Ils auraient vécu dans cette partie du Maghreb.

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Apulée, écrivain romain, auteur de  Métamorphoses, est d'origine berbère, de Madauros  (actuelle Aurès).
Plusieurs rois gétules purent contrebalancer l'Empire romain. L'exemple du héros  Tacfarinas, Vers 17,  Tacfarinas qui soulève tous les tribus gétulesTacfarinas mourut à  Pomaria  (Tlemcen actuellement) . En effet, sept ans durant,  Tacfarinas résiste aux Romains, malgré Tibère  qui transfère une seconde légion pour appuyer la troisième légion Auguste (seule ensuite). Dès 39, Caligula  confie la conduite de la région de Numidie à un représentant personnel – «  légat de l'empereur » – chargé de commander la troisième légion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin à une exception politique : celle d'une armée importante placée sous les ordres d'un proconsul et non d'un légat. Le Sénat perd la dernière légion qui était sous ses ordres.

Bien que toujours officiellement intégrée à la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une région à part, placée sous l'autorité de son légat qui dirige la troisième légion Auguste et ne rend de compte qu'à l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire. Après 193, sous  Septime Sévère, la Numidie est officiellement détachée de la province d'Afrique et constitue une province à part entière, gouvernée par un  légat  impérial. Sous Dioclétien, elle constitue une simple province dans la réorganisation  tétrarchique, puis est brièvement divisée en deux :  Numidie militaire et  Numidie cirtéenne.

À l'époque du Bas-Empire romain, les Levathae (ou  Laguantans) se révèlent tellement agressifs que les Romains font élever un  limes  pour les contenir. Après la crise économique que vécut la grande cité romaine de Leptis Magna, la ville connut plusieurs  razzias  de la part des populations locales.

De 256 à 640, christianisme, invasion vandale

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Saint Augustin d'origine berbère, il est l'un des principaux  Pères de l'église latine et l'un des 33  Docteurs de l'église.
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Portrait du philosophe et théologien  saint Augustin.


De nombreuses tribus berbères se convertissent au  judaïsme. Certains auteurs pensent que les  Juifs d'Afrique du Nord sont en grande partie des Berbères judaïsés. Le christianisme a pu ensuite se développer sur ce terreau juif.

Le christianisme apparaît vers l'an 256, et durant le siècle suivant, les populations des villes côtières algériennes, ainsi qu'une minorité de la population dans les campagnes se convertissent à la nouvelle religion.

En 313, les crises politiques et économiques poussent les populations à une nouvelle révolte qui sera encore une fois Berbère. Mais cette fois la révolte est religieuse et politique. En effet, le  donatisme  (du nom de l'évêque  Donatus Magnus) s'est développé en Algérie, à Baghaï, dans les Aurès et en  Tunisie : ses partisans refusent la réintégration dans l'église des clercs ayant apostasié lors des persécutions du début du siècle . Le donatisme quittera rapidement le champ religieux pour devenir une opposition politique à  Rome. En effet, les donatistes récusent la politique religieuse de  Constantin  Ier, le premier empereur romain chrétien, et, exigeant la séparation de l'état et de la religion, finissent par déclarer l'empereur comme étant le diable en personne. Ils rejettent aussi le rite  romain.

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Triomphe de  Neptune  et Amphitritemosaï que romaine de  Cirta  (actuelle  Constantine  en Algérie), ca. 315-325.
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Les  Invasions barbares (100-500).

Dès lors, Constantin envoie ses troupes les réduire au silence, dans ce qui est considéré comme la première persécution de chrétiens par d'autres chrétiens . La répression ne fait qu'accroître le soutien populaire des donatistes; en 321 les légions romaines se retirent.

Toutefois vers l'an 340, l'idéologie donatiste donne naissance à une secte   populaire, celle des « circoncellions », (ceux qui encerclent les fermes). Les donatistes, à l'instar des autres chrétiens, célébrant les  martyrs, les circoncellions, ouvriers agricoles, deviennent des radicaux qui, considérant le martyre comme la plus grande vertu chrétienne, abandonnent toutes les autres valeurs (HumilitéCharitéAgape, etc.). Leur but étant de mourir au combat, les circoncellions, munis de matraques de bois, - ils refusent de porter des armes en fer en vertu du précepte évangélique : « Qui a vécu par l'épée, périra par l'épée » - attaquent les voyageurs, cernent puis rançonnent les exploitations agricoles (d'où leur nom), tuant, violant, volant les stocks, exigeant l'affranchissement des esclaves. Lorsqu'ils n'arrivent pas à se faire tuer, ils se suicident en sautant du haut d'une falaise. Ce dérapage du culte donatiste noircit encore plus leur réputation à Rome.

Mouvement social autant que religieux, la secte des circoncellions, violemment réprimée, finit par disparaî tre vers le ive siècle.

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L'apogée de l' Empire romain d'Orient  avec les conquêtes de Justinien.

En 395 l'Empire romain faisant face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu'exerce Rome sur l' Afrique du Nord, les donatistes, essaient de dominer la scène politique et religieuse. L'empereur les déclare  hérétiques  en 409 et leur enjoint de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs légions qui sont d'une férocité terrible envers les responsables religieux du culte, et parfois même envers la population locale.  Saint Augustin, évêque catholique  d'Hippone  (actuellement Annaba), essaie de calmer la violence de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des donatistes. Malgré les appels pressants de plusieurs parties, les donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse, seule une minuscule communauté survivant dans la clandestinité jusqu'au  vie siècle .

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La cavalerie maure du général  Lusius Quietus, sur la  colonne Trajane, exposé au  Museo della Civiltà RomanaRome.

Quelques années plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Afrique du Nord sous la pression des  Vandales  et des  Alains, autre peuple  indo-européen, venus avec eux et originaires des steppes du sud de la Russie. Le 28 août 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intégration de la population berbère au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le  siège d'Hippone  par les Vandales. Cependant les Berbères sous le règne de  Cabaon  réussissent à défaire les Vandales et s'emparer des  Aurès  puis portèrent un coup dur à une armée vandale à l'époque du roi vandale  Thrasamund, qui mourut après avoir occupé le trône pendant vingt-sept ans ; « les Vandales prirent la fuite, et les Maures, s'élançant hors de leur retranchement, en tuèrent un grand nombre, en firent beaucoup prisonniers, et de cette nombreuse armée il ne retourna dans leur pays qu'un fort petit nombre de soldats » .

Les attaques de plus en plus fréquentes des Berbères et l'énergie de l'empereur byzantin Justinien et de son général Bélisaire, provoquent la chute rapide du royaume vandale.

En 544, les  Byzantins  exerceront un pouvoir juste dans la province de  Constantine  et dans l'Ifriqiya. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs états puissants les  Djerawa, les  Banou Ifren, les  Maghraouas, les  Awarbas, et les  Zénètes




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